Quatre Métaphores

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Se tenir à l’intérieur de la sculpture, c’est comme être entouré par des mains géantes. Le sculpteur exprime les Dix commandements sous la forme de doigts – chaleureux, personnels, accueillants – suggérant que la loi divine est une invitation à la relation avec lui et avec les autres. Jésus-Christ le confirma en affirmant que toute la loi se résumait à aimer Dieu de tout son coeur et son prochain comme soi-même, car l’amour est l’essence même d’une relation.

Depuis la Réforme, au cours de laquelle un grand nombre de réfugiés fuyant les persécutions religieuses ont été accueillis, Genève est connue pour être une ville de paix, d’accueil, de diplomatie internationale, cherchant à améliorer les relations entre les nations et les peuples.

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Le contraste frappant entre les surfaces intérieures et extérieures de chaque pilier suggère qu’il y a quelque chose d’inhérent et de non arbitraire dans la loi : une récompense pour ceux qui vivent selon elle et une mise en garde des conséquences inévitables réservées à ceux qui décident de l’enfreindre- et pas seulement lorsqu’on les y prend ! Une réflexion éthique serait de considérer : comment se situe ma vie, l’organisation pour laquelle je travaille ou mon pays par rapport aux différentes facettes de la loi de Dieu, et quelles en sont les conséquences, positives ou négatives ?

Calvin enseignait l’universalité de la loi de Dieu : le prince comme le pauvre, l’aristocrate comme l’artisan, étaient sujets égaux devant la loi. Cela a modéré le pouvoir des rois et a ouvert la voie à des formes de gouvernement démocratiques en Europe en Amérique du Nord et au-delà.

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La sculpture propose deux points de vue sur la liberté. Le premier est individualiste et autonome : je choisis mes croyances et mes valeurs, je vis ma vie comme je le veux (~nous avons la liberté d’entrer et de sortir du cercle des piliers). La seconde est la liberté de chercher le bien commun, de vivre en paix avec nos voisins, ce qui implique d’accepter des limites à nos libertés personnelles (~les dix colonnes sont comme les pieux d’un enclos qui créent et protègent un espace pour la liberté et l’épanouissement).

Des historiens ont appelé Calvin le « pionnier de la liberté de conscience et des droits de l’homme ». Rousseau, le célèbre philosophe genevois, lui reconnaît son rôle dans le façonnement des lois de la ville, tandis que René Cassin, co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, met en lumière les convergences entre la Déclaration de 1948 et le Décalogue.

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La grandeur et le poids des colonnes reflètent la signification du Décalogue, comme fondement de la société. Il est à l’épreuve du temps et de l’évolution des civilisations. Quand les institutions s’effondrent – un état en échec, un couple brisé, un système bancaire en faillite – le Décalogue nous redonne espoir en nous invitant à revoir un ensemble de socles éternels requis pour des institutions sages et saines.

Pour Calvin, le Décalogue reflétait la loi naturelle qui a fourni un cadre universel à la justice et l’éthique. A son époque, Genève faisait face à de nombreuses luttes – politiques, sociales, religieuses, économiques – et Calvin cherchait à les résoudre toutes dans une perspective biblique. De nos jours, Genève continue à s’occuper de problèmes mondiaux, et la sculpture « invitation/décalogue » offre un lieu de réflexion et d’inspiration pour tous ceux qui se passionnent pour la justice et le développement